samedi, octobre 28, 2006
mercredi, octobre 11, 2006
Dialoğa darbe (« le dialogue est rompu », Cumhuriyet 11 Ekim 2006 Çarşamba)
Comme vous l’aurez sans doute remarqué va être voté demain une loi à l’Assemblée Nationale visant à reconnaître le génocide arménien et à faire de sa négation un délit.
En tout cas tous les turcs en parlent et nous en parlent avec insistance… je le reconnais et je ne le cache pas à ceux qui m’interrogent dans le département francophone.
Pour leur part en tout cas l’unanimité est à rejeter les « allégations arméniennes ».
Dès aujourd’hui la question était en 1ère page de tous les journaux nationaux. Au cours de la 1ère leçon la prof a expliqué que la situation était ridicule.
Certes des massacres ont eu lieu et des « déportations ont eu lieu de l’Ouest vers l’Est » mais ces « épurations ethniques » sont les caractères malheureux de toute consolidation d’Etat et on ne peut parler de génocide car ce serait comparer les turcs à des nazis… si j’ai tout compris.
Elle a aussi déclaré que seuls les Nazis avaient procédé à un génocide, oubliant sans doute le Rwanda, le Kosovo et j’en passe.
C’est sans doute détourner la définition du génocide que de parler « d’allégations arméniennes et faits historiques » (le bouquin qui trône dans les Consulats et Ambassades en France).
En tout cas je peux vous dire que :
1) Elsa et moi rêvions de voir M Papath prendre chaire dans notre salle de cours et sortir son légendaire « bande de connards, c’est quoi ces conneries… »(pour ceux qui ne le connaissent c’est notre cher prof de Méthodologie à Sciences Po, grec…)
2) J’ai le sentiment que les contacts France-Turquie, quels qu’ils soient, sont entrés dans une zone de turbulence. On n’est pas rassurés, un peu excités ; en tout cas fiers de ce stupide universalisme français.
En tout cas tous les turcs en parlent et nous en parlent avec insistance… je le reconnais et je ne le cache pas à ceux qui m’interrogent dans le département francophone.
Pour leur part en tout cas l’unanimité est à rejeter les « allégations arméniennes ».
Dès aujourd’hui la question était en 1ère page de tous les journaux nationaux. Au cours de la 1ère leçon la prof a expliqué que la situation était ridicule.
Certes des massacres ont eu lieu et des « déportations ont eu lieu de l’Ouest vers l’Est » mais ces « épurations ethniques » sont les caractères malheureux de toute consolidation d’Etat et on ne peut parler de génocide car ce serait comparer les turcs à des nazis… si j’ai tout compris.
Elle a aussi déclaré que seuls les Nazis avaient procédé à un génocide, oubliant sans doute le Rwanda, le Kosovo et j’en passe.
C’est sans doute détourner la définition du génocide que de parler « d’allégations arméniennes et faits historiques » (le bouquin qui trône dans les Consulats et Ambassades en France).
En tout cas je peux vous dire que :
1) Elsa et moi rêvions de voir M Papath prendre chaire dans notre salle de cours et sortir son légendaire « bande de connards, c’est quoi ces conneries… »(pour ceux qui ne le connaissent c’est notre cher prof de Méthodologie à Sciences Po, grec…)
2) J’ai le sentiment que les contacts France-Turquie, quels qu’ils soient, sont entrés dans une zone de turbulence. On n’est pas rassurés, un peu excités ; en tout cas fiers de ce stupide universalisme français.
mardi, octobre 03, 2006
Tarabya, ville des emirs*. 1

*ceci est potentiellement faux... vous ne le saurez qu`en voyant par vous-mm, c´est ça la propagande.
Les messages fleurissent sur mon blog ; sans doute est-ce là le signe d’une certaine appréhension : c’est déjà la reprise (marquée sous le signe du stakhanovisme turc) !
On m’a réclamé des photos, alors en voilà.
Bon, non, d’abord je dois quand même vous les introduire.
Alors voilà, Tarabya se découpe en plusieurs secteurs géographiques.
Le long du Bosphore s’allonge une fine bande de commerces ou restaurants, quelques belles habitations, l’incontournable grand hôtel en ruine et bien sûr le Département francophone des Sciences Politiques et Administratives (ou encore Sciences Po Tarabaya).
Plus à l’intérieur se trouvent de petits commerces, quelques « lahmacuna » (restaurants de viande), une mosquée, des habitations plus modestes (oui, dont la nôtre).
Vous avez donc là le secteur « port » : en effet Tarabya s’enroule autour d’une jolie petite crique avec de nombreux bateaux (ce n’est pas un village de pêcheur ; le poisson est plus au nord à Sariyer, ou encore plus au sud à Istinye).
Ramazan hoş geldin

Des mosquées qui s’éclairent, le « pide » (grande galette plate garnie de graines de sésame noir : les plus parfumées) qui remplace progressivement les formes conventionnelles de pâte levée, les vidéos d’un ayatollah à Kerbela ou Téhéran (villes influentes ch’iites) dans le cybercafé.... oui nous sommes décidément rentrés dans un épisode de la vie à Istanbul pas comme les autres.
Pour ceux qui n’ont pas encore reconnu l’événement je peux encore préciser ; par exemple que dans les bus les gens dorment (pas le chauffeur, mais par exemple l’assistant qui fait payer la place s’assoupi entre chaque arrêt) et que la nuit un tambour passe dans les rues (même si je dors trop profondément pour pouvoir l’entendre).
Bien sûr, mes exemples sont lumineux et la pratique du Ramadan (« Ramazan » en turc) n’a pour vous plus rien de mystérieux… un mois de privations pour sans doute mieux montrer qu’on est pas des bêtes et que l’Homme est capable de résister à ses pulsions (pas à toutes en tous cas puisque j’ai assisté au cours d’une soirée à un violent pugilat au pied d’une mosquée).
En tout cas ce Ramazan arrange bien mes affaires. En effet, il y a quelques jours c’était journée spéciale (même si ce n’était pas la 1ère) « permis de résidence » (le carnet que je devais obtenir dans les 30 jours suivant mon entrée dans le pays…).
Je me rendis donc à l’İstanbul’un Emniyet Müdürlüğü (un bâtiment tenu par la police) à l’étage Yabancılar [étrangers]. Bien évidemment personne n’y parle anglais : que du turc.
Pire ; certains individus, pourtant incontournables, n’apprécient pas qu’on balbutie les quelques mots accumulés au cours d’un mois d’effort… eh oui, car c’est notre faute si ils ne savent parler ni français, ni anglais, ni espagnol, ni allemand, ni italien (déjà c’est mal parti pour l’Europe) !
A cet étage, qui fonctionne sur le principe d’un long couloir qui se mord la queue, il y a plusieurs guichets avec autour de chacun d’entre eux une petite foule de quelques dizaines de personnes qui s’accumulent et bloquent le passage.
Je résume donc : 10 guichets avec pour chacun 30 minutes d’attente au bas mot. Et pas la moindre aide à attendre ; mais que fait la police ?!
Et c’est là que le ramadan intervient : les policiers qui s’occupent de nos démarches ne prennent en effet pas de pause déjeuner… sans cela je doute que la journée dédiée au permis de résidence eût suffie (il m’a en effet fallu passer par 5 guichets différents…).
Mais je crois que c’est ça aussi le séjour Erasmus à l’étranger : à vaincre sans péril on triomphe sans gloire !







